Notre boucle visite la campagne singinoise, avec une incursion dans le canton de Berne (carte). Nous penserons à sainte Marie-Madeleine, la disciple du Seigneur, à qui une chapelle rupestre est dédiée, ainsi qu’à l’apôtre saint Jacques puisque le dernier tronçon de notre balade suit un chemin de Compostelle. Ces deux personnages sont vénérés en juillet, le 22 juillet (sainte Marie-Madeleine) et le 25 juillet (saint Jacques).
Nous partons du centre du village de Heitenried (762 m) et visitons l’église paroissiale dédiée à saint Michel, la première église placée sous le patronage de l’archange dans l’ancien diocèse de Lausanne. Le bâtiment actuel date d’il y a un peu plus d’un siècle. L’ancienne église est toujours visible à côté, mais sans son clocher. Un menhir de la préhistoire se dresse devant l’ancien chœur.
Nous montons en direction du château avec dans le lointain l’imposante silhouette de l’église bernoise de Wahlern, derrière Schwarzenbourg. Ensuite, au lieu de prendre l’itinéraire balisé pour Grasbourg et Schwarzenbourg, nous continuons tout droit et entrons dans la forêt (Magdalenaholz ou Schlosswald). A l’entrée du bois, le panneau Waldkapellen (chapelles forestières) indique bien ce que nous allons y découvrir. Il y a tout d’abord un petit édicule consacré à Jésus au Jardin de Gethsémani.
A un croisement on tourne à droite pour découvrir ensuite le deuxième oratoire, celui du couronnement d’épines de Jésus. Enfin, nous arrivons à une chapelle taillée dans la molasse, œuvre initiée au début du XVIIIe siècle. La chapelle fait mémoire de sainte Marie-Madeleine, à qui Jésus s’est manifesté après sa résurrection. C’est donc un chemin pascal que nous accomplissons ici, passant de deux petites chapelles consacrées à la passion du Christ pour entrer dans la grotte du tombeau vide et célébrer la résurrection de Jésus.
Hymne du matin pour la fête de sainte Marie-Madeleine (22 juillet) (N. Berthet – CNPL)
Un nouveau matin se lève,
Premier jour de la semaine.
Regardez ma joie briller,
C’est Jésus qui se relève.
Tombeau vide et plus de gardes,
Seuls les anges me regardent,
Entonnez de nouveaux chants,
C’est Jésus qui nous fait vivre.
Le jardin est clair et calme,
Le Seigneur est là qui parle,
J’ai cru voir le jardinier,
C’est Jésus qui est lumière.
Il m’envoie vers vous, mes frères,
Lui déjà il nous précède,
Écoutez, mes compagnons,
C’est Jésus qui nous appelle.
Située à l’altitude de 810 m, la chapelle rupestre est le point culminant de notre promenade. Nous descendons et reprenons au bas de la forêt le chemin balisé pour Grasbourg. La campagne est très belle. Nous arrivons au hameau de Hinter Schönfels ou Schönfels-derrière. Ce mot signifie le beau rocher. Il a donné son nom à une famille patricienne fribourgeoise, les Diesbach de Belleroche, dont la seigneurie s’originait dans une forteresse tout près du hameau actuel. La forteresse a disparu, à la différence des imposantes ruines de Grasbourg de l’autre côté de la rivière Singine.
L’itinéraire pour Grasbourg quitte la route carrossable pour la forêt puis entre dans le canton de Berne. Ayant atteint le hameau de Harris, il descend de manière rapide jusqu’à la rivière Singine, à la passerelle de Harris (Harrissteg, 627 m) puis remonte à Grasbourg, dont les ruines surplombent la vallée. Cette importante forteresse appartint aux comtes de Savoie avant que Berne et Fribourg ne l’acquièrent à la fin du Moyen Age. Elle servit de siège pour le territoire de Grasbourg-Schwarzenbourg qui s’étendait jusqu’aux montagnes des Gantrisch, que les deux villes zaehringiennes possédèrent en commun de 1423 à 1798. Les baillis venaient en alternance de Berne et Fribourg. A la fin du XVIe siècle, ils se déplacèrent à Schwarzenbourg, lieu sans doute plus salubre et moins isolé. A la Révolution, le canton de Fribourg dut abandonner à Berne ses prétentions sur le territoire, mais en compensation, il reçut la pleine juridiction sur Morat, qui était également un bailliage commun.
Nous remontons jusqu’à l’orée de la forêt et à cet endroit (730 m environ) prenons le chemin balisé de droite, qui longe la vallée de la Singine puis y redescend. Juste avant d’arriver au fond de la vallée, nous rejoignons un itinéraire important venant de Schwarzenbourg. C’est le chemin de Compostelle, tronçon Constance-Genève. Nous le suivrons désormais jusqu’à notre point d’arrivée à Heitenried.
Les bords de la Singine sont très fréquentés à la bonne saison par les personnes qui veulent profiter de la fraîcheur et pique-niquer au bord de l’eau. A la hauteur du lieu-dit Sodbach, les piétons empruntent l’ancien pont couvert (653 m), et remontent en direction de Heitenried par l’est. Compostelle est encore loin, mais nous saluerons l’apôtre saint Jacques dans un petit oratoire lorsque le chemin arrive sur le plateau pour Heitenried. Ensuite, nous retournons au village.
Indications pratiques
Transports publics : bus sans changement depuis Fribourg ou la gare de Schmitten.
Parking : église de Heitenried.
Distance : 8,9 km.
Durée : 2h40.
Chant des pèlerins de Compostelle
(paroles et musique Jean-Claude Benazet)
Tous les matins nous prenons le chemin,
Tous les matins nous allons plus loin.
Jour après jour, saint Jacques nous appelle,
C’est la voix de Compostelle.
Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !
[Plus outre, plus haut, que Dieu nous aide !]
Chemin de terre et chemin de Foi,
Voie millénaire de l’Europe,
La voie lactée de Charlemagne,
C’est le chemin de tous les jacquets.
Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !
Et tout là-bas au bout du continent,
Messire Jacques nous attend,
Depuis toujours son sourire fixe,
Le soleil qui meurt au Finistère.
Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !
Quand l’amitié estompe le doute
Dans un élan de fraternité,
On peut alors reprendre la route,
Et s’élever en toute liberté.
Ultreïa ! Ultreïa ! E sus eia Deus adjuva nos !