Gléresse et le lac de Bienne

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Placée au milieu des vignes, Gléresse (Ligerz en allemand) est l’une des églises les plus photographiées de Suisse. Mais son histoire n’est pas moins intéressante. Elle était jadis un lieu de pèlerinage. En route pour la découverte des coteaux du lac de Bienne (carte) .

Nous partons de la gare de Gléresse (433 m) et, plutôt que de monter directement à l’église, nous suivons le bord du lac pour le village de Douanne (Twann). Notre itinéraire correspond au Sentier des poissons du lac de Bienne. Divers panneaux donnent une somme d’informations concernant la vie des poissons et l’écologie du lac. Nous traverserons le petit hameau historique de Bévesier (Bipschal), puis passerons à côté d’une pisciculture. Avant d’arriver à Douanne, un pont franchit la Douanne (Twannbach), la rivière qui forme les gorges de Douanne.

 

 

Comme Gléresse, Douanne est entourée de vignes. Des coteaux l’abritent des courants froids si bien que la région est l’un des endroits les plus chauds du canton de Berne. Ce n’est pas pour rien que les pentes du lac ont été transformées en vignobles. Les cépages principaux sont le chasselas et le pinot noir. De nombreux couvents de Suisse allemande y avaient leur domaine viticole. Non loin de Douanne se trouvaient les vignes de l’abbaye d’Engelberg.

Après la gare de Douanne, nous retournons vers l’église de Gléresse en prenant un autre itinéraire, qui conduit à Petit-Douanne (Klein-Twann). Jadis, le pont qui franchissait le ruisseau constituait la frontière des langues. Même s’il ne semble pas fondé étymologiquement, on peut faire un jeu de mots entre le village de Douanne et la douane. Toutes les localités de la région possèdent leurs noms dans les deux langues. Daucher se dit Tüscherz en allemand, Cerlier Erlach, Locras Lüscherz, etc. En français, Finsterhennen se disait même Grasse-Poule ! Maintenant, Petit-Douanne n’est plus la frontière. Le français a reculé en direction de La Neuveville et Gléresse parle allemand.

Nous suivons le Pilgerweg, qui nous conduit à l’église de Gléresse.

Le 8 septembre 1888, le célèbre peintre Albert Anker demandait à l’inspecteur des collections d’art bernoises Chr. Bühler s’il pouvait lui fournir des renseignements sur les habits portés par les gens au temps des guerres de Bourgogne. Il lui expliquait qu’il était en train de peindre des pèlerins dans la région de Gléresse : « C’était avant la Réforme un lieu de pèlerinage. Maintenant encore un chemin passant à travers les rochers et les vignes porte le nom de petit chemin des pèlerins (Pilgerwegli). » Les efforts du peintre donnèrent une toile du maître, Pilgerzug in Ligerz, qui montre des fidèles allant et venant le long du chemin, avec en arrière-fond l’église de Gléresse et le lac de Bienne.

C’est merveilleux de se promener dans le coteau, entre les vignes et les rochers. Au printemps, les pentes du lac de Bienne sont parsemées de fleurs aimant le chaud, saponaire, œillet, anthéric et diverses orchidées. On entend le train, mais heureusement, l’autoroute est déviée ici dans un tunnel.


Depuis l’église, nous montons en direction de Cerniaux (Schernelz) (563 m). Juste à l’entrée du hameau, à un carrefour, un banc permet une pause bienvenue. On voit le lac et aussi l’île Saint-Pierre. Jadis c’était une île, mais comme la correction des eaux du Jura a abaissé le niveau des lacs de 2,5 m environ, la bande de terre immergée qui la réunissait au rivage est sortie du lac. Désormais on peut la rejoindre à pied depuis Cerlier, en une heure. Riche en souvenir, l’île a été habitée durant quelques semaines de 1765 par l’écrivain Jean-Jacques Rousseau.

Après avoir traversé Cerniaux, nous redescendons en direction de Douanne. On passera sur un pont dominant les gorges de Douanne. Il est possible, moyennant une modique somme, de suivre le sentier des gorges qui mène à Lamboing. La vallée est très pittoresque.

 


Plutôt que de descendre à Petit-Douanne, poursuivons en montant légèrement sur la route pour Lamboing avant de tourner pour traverser les vignes où nous aurons une belle vue sur le village de Douanne. Nous sommes juste en dessous d’une anfractuosité cachée dans la forêt, le Hooliloch, qui montre le travail de l’eau pour creuser les rochers calcaires.

La route de Lamboing a été rendue célèbre par la plume de l’écrivain Friedrich Dürrenmatt. Le roman Le juge et son bourreau commence en effet par la découverte d’un policier tué à la sortie de la forêt entre Lamboing et Douanne. Le commissaire Bärlach mène l’enquête. L’assassin n’est pas celui que l’on croit…

 

On redescend au village de Douanne puis à la gare. Il est possible de revenir à pied en refaisant le Sentier des poissons, mais on peut aussi prendre le train pour Gléresse.

 

Indications pratiques

Transports publics : train régional Neuchâtel-Bienne, arrêt à Gléresse (Ligerz).

Parking : aux deux entrées du village de Gléresse et à la gare.

Distance : 7,6 km (en reprenant le train à Douanne).

Durée : 2h05.

Gléresse fut comme Belfaux un pèlerinage à la Croix. Donnons ici le cantique composé en l’honneur du saint crucifix de Belfaux, 

Le Sauveur en croix (paroles de Bernard Ducarroz et musique de Bernard Chenaux)

Refrain

O Seigneur, le Sauveur en croix,

Montre-nous le chemin vers Toi,

Dieu vivant, Dieu ressuscité,

Ton amour nous a rachetés.

 


Comme au jardin des larmes,

Tu es venu pleurer,

Tes mains qui nous désarment

Nous font encore aimer.

Reviens montrer tes clous,

Viens montrer tes clous,

Reviens porter ta croix,

Semer la paix chez nous,

Pour que le monde croie.

Au vent de nos misères,

Quand tout le ciel est gris

L’espoir est ta lumière,

L’étoile à notre nuit.

Reviens donner ton sang

Viens donner ton sang,

Reviens l’épine au front,

Nous mettre le printemps

Debout sur l’horizon

 

Quand nous portons la peine

De nos matins fanés,

Notre coupe est pleine

Qui va nous consoler ?

Reviens comme un ami

Viens comme un ami

Reviens payer le prix

Qu’on soit Pierre ou Judas

Qui va guider nos pas ?