La chapelle de la Monse est l’un des nombreux sanctuaires champêtres de la région de Charmey. Nous continuerons par une ascension dans les montagnes avoisinantes, mais pour ceux qui n’auraient pas envie de trop grimper, un aller-retour à cette chapelle est une promenade intéressante qui se justifie pour elle-même (carte).
La randonnée commence à la sortie de Charmey (855 m environ), au départ de la route pour la vallée latérale du Motélon. Nous traversons la Jogne, la rivière du pays, longeons sur 400 m la route du Motélon et bifurquons à gauche en direction de la Monse. Le sentier traverse tout d’abord une forêt où le coup d’œil sur Charmey et Cerniat vaut la peine, avec la Berra en arrière-fond. A propos de l’église Saint-Laurent de Charmey, nous ne serons pas les premiers à citer l’écrivain Louis Veuillot qui, dans son livre Les pèlerinages de Suisse publié pour la première fois en 1839, explique qu’après l’église d’Ancône en Italie, il ne connaît pas d’autres églises mieux situées que celle de Charmey !
Le sentier continue dans les pâturages puis arrive dans la petite combe de la Monse. Le deuxième chalet que l’on rencontre est remarquable. C’est l’un des plus anciens du canton. Des analyses dendrochronologiques ont permis de dater les plus anciennes pièces d’épicéa de 1500. Selon une hypothèse, le chalet aurait été construit à ce moment puis agrandi au début du XVIIe siècle, à la même époque que la chapelle qui lui est liée.
Non loin du chalet de la Monse, nous arrivons donc à la jolie chapelle Saint-François (973 m), bénite en 1618 en l’honneur du saint d’Assise, le patron du fondateur de la chapelle, François Galley. Le sanctuaire est fermé, mais on peut voir l’intérieur. Un autel, une croix, un relief de saint François : l’intérieur est très dépouillé, à la manière du pauvre d’Assise. Derrière le sanctuaire se dresse le Vanil-de-la-Monse, que nous allons frôler.
Depuis le col des Plans, nous voulions au départ vous convier, cher ami lecteur, à redescendre à Charmey en suivant l’arête nord-est du Vanil-de-la-Monse. Mais suite à notre repérage, nous vous déconseillons ce chemin car, même s’il est balisé en rouge, il est vraiment raide en certains endroits et, contrairement au chemin qui monte de la Gite-à-Bas aux Plans, nous sommes dans une zone de rochers. Attention aux glissades par temps de pluie. A la fin, on emprunte même des échelles.
Nous suivons un chemin bordé d’un mur en pierre restauré et agrémenté de beaux arbres, érables, frênes, tilleuls. C’était jadis le chemin pour la vallée du Motélon. A la hauteur du Prà-lé-Avau, on quitte l’itinéraire jaune pour un itinéraire rouge, signe que cela devient plus sérieux. Disons que jusqu’au chalet suivant, c’est encore une promenade de santé à travers la forêt, sous les rochers du Vanil-de-la-Monse. En revanche, depuis la Gîte-à-Bas (1082 m) jusqu’au col des Plans (1382 m), notre randonnée se fait raide sur 300 mètres de dénivellation.
Il est bon s’arrêter vers le col, en direction du Vanil-de-la-Monse, sans pour autant grimper jusqu’au sommet car la vue y est bouchée par les arbres. Depuis cet endroit en effet, une Gruyère inhabituelle s’offre à nos yeux. De gauche à droite il y a les Dents Vertes puis, derrière les sapins, les montagnes des Bruns et la Vallée des Morts, peu engageante par son nom, la chaîne des Gastlosen-Sattelspitzen, la Hochmatt, la sommité arrondie du Gros-Haut-Crêt et celle des Plans, Brenleire et Folliéran qui guignent derrière, le massif du Vanil-Noir, le Tsermon, le Vanil-du-Van riche en edelweiss, la Dent-du-Bourgo avec sa face nord rocheuse, la Dent-du-Chamois et la Dent-de-Broc. Devant ces montagnes s’étend la vallée préalpine du Motélon.
Donc, plutôt que nous rompre les os, optons pour un itinéraire un tout petit peu plus long, qui passe au col des Craux (1342 m). De là, on descend dans le vallon des Jognins, en passant par divers chalets, tout d’abord les Craux et les Jognins-Dessus. Aux Jognins-Dessus habite une colonie de marmottes, fait à signaler en raison de l’altitude relativement basse de l’endroit (1200 m).
En arrivant au chalet suivant, les Jognins-du-Milieu, nous voyons une grande statue de Notre-Dame de Lourdes et un crucifix. Lors de notre repérage, il y avait des chiens, des borders-collies, mais pas de quoi s’inquiéter car leurs maîtres les surveillent.
Parvenus au bas de la vallée au lieu-dit Bonnefontaine (875 m), nous saluerons en pensée la chapelle Notre-Dame-du-Pont-du-Roc, construite environ un kilomètre en amont, pour commémorer la sauvegarde miraculeuse d’un naufragé de la Jogne à la fin du XVIIe siècle. Jadis, c’était une halte pour les armaillis qui montaient dans les alpages ou en descendaient.
La rentrée sur Charmey longe la Jogne dans les prairies de la Bourlianda, séjour traditionnel du mystérieux Zavudschaou, le cheval fantastique de la légende dont parle l’érudit Franz Kuenlin au début du XIXe siècle, sympathique au demeurant, mais qui devenait fou furieux et s’emballait lorsque quelqu’un s’avisait de s’asseoir sur son dos. Depuis peu, un sentier thématique a été consacré à cet être fantastique. C’est le « Sentier ludique Tsavuaschou » qui peut intéresser les familles et les enfants.
La dernière partie de notre promenade passe par une zone artisanale, tout en croisant de belles maisons anciennes. Nous sommes ici à La Tzintre, célèbre pour ne pas connaître le soleil des semaines entières durant l’hiver. Le coupable est ce Vanil-de-la-Monse, dont nous avons pu apprécier, malgré sa modeste altitude, la forte et imposante personnalité.
Informations pratiques
Transports publics : bus depuis Fribourg ou Bulle, arrêt à Charmey, Le Chêne.
Parking : à l’entrée de la route du Motélon, en face du bâtiment de l’édilité.
Distance : 8,5 km.
Durée : 3h30.
Le temps de parcours se réduit d’une vingtaine de minutes si on reprend le bus à l’arrêt Charmey, La Fulateyre.